Directeur de l’Observatoire de la Révolution de l’intelligence, Groupe Futuribles international, professeur associé MBA de la Haute Ecole de Gestion de Fribourg en Suisse, André-Yves Portnoff participera à la conférence donnée dans le cadre des Fabriques Numériques, le 13 novembre, à l’agence CCI Côte d’Opale de Calais, aux côtés de Catherine Barba, sur le thème des grandes tendances à l’horizon 2015-2020. Il a accepté de nous donner un aperçu de sa vision du numérique. Interview :
« Le numérique est une grande mutation d’origine technique. C’est une chance pour ceux qui en saisissent les opportunités et une catastrophe pour les autres. Il oblige à réinventer les métiers pour mettre plus de valeur ajoutée. Dans votre région, la vente par correspondance classique a été déstabilisée par internet et a perdu des emplois. Elle maîtrisait la technique, mais avec une culture de la réaction en un an, le temps nécessaire pour réaliser un catalogue. Alors que la réponse sur internet doit être quotidienne. Le métier a réagi évidemment, mais a traversé des années difficiles. A la question faut-il vendre en magasin ou en ligne, la réponse est qu’il faut  les deux. Une synergie entre les deux est nécessaire !
Internet est un réseau non centralisé, contraire à l’esprit jacobin français. On a été habitué, avec la radio et la télévision, à l’émission de beaucoup d’informations vers un public passif. De ce fait, beaucoup d’entreprises ont encore des réticences vis-à-vis d’internet et de ses outils. Car les réseaux sociaux introduisent de l’horizontalité et ne respectent pas les frontières des entreprises.
Pourtant, l’interactivité est toujours une source de richesse extraordinaire et facilite les interactions. Mais cela s’oppose à la culture de la rivalité qu’on nous a inculquée à l’école, alors qu’il faudrait dès l’école expliquer que l’on est plus fort lorsqu’on s’appuie sur les autres et parler plus d’émulation participative. Il faut que les mentalités s’adaptent.
La plupart des administrations et des entreprises sont organisées en silos. Tel département ne collabore pas avec un autre département. Ce qui entraîne une perte d’intelligence collective. Or, chaque département ne voit qu’une tranche de la réalité  et n’a pas de vision globale.
Par ailleurs, l’employé fidélisé et qui se sent bien dans son entreprise, fidélise le client. Mais le paradigme dominant veut que selon notre culture judéo-chrétienne, le travail doit être pénible et plus il l’est plus l’entreprise est rentable. C’est idiot, c’est le contraire que l’on vérifie.
La technique ne change rien si elle n’est pas au service d’une stratégie et d’une volonté à faire évoluer son mode de management. Si on a envie de donner la liberté de parole aux employés, de les rendre responsable, de valoriser leur créativité, alors les réseaux sociaux et toutes les autres techniques numériques sont très utiles. Mais le fondement c’est de savoir si on veut un management de la défiance ou un management de la confiance.
L’entreprise idéale vers laquelle on va c’est une entreprise au sein d’un réseau de collaboration, un réseau d’entreprises. Si les TPE s’allient, elles peuvent être plus efficaces parfois que des grosses entreprises. Et les grosses, grâce aux effets réseaux, peuvent acquérir des positions de monopole, mais monopole qui peut cependant être remis en cause par la mutation technique suivante ».

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Commentaires

2 Comments so far

  1. geneviève bouché on 29 octobre 2012 10 h 00 min

    Merci pour ces propos qui sont un des fondement de mes travaux.

    à l’heure où le patronat réclame la baisse du coût du travail, nous avons à réfléchir en profondeur sur le salariat (remplaçable par les robots) et les autres formes de contributions à la vie commune que notre paradigme actuel a délaissées en quête de profit …

  2. « Les Fabriques numériques » : Catherine Barba et André-Yves Portnoff, la passion du numérique et de l’internet : CCI le blog on 15 novembre 2012 15 h 23 min

    [...] de la 4G sur la Côte d’Opale mi-2013. Le second plateau a permis d’entendre Catherine Barba et André-Yves Portnoff. Interrogés sur la valeur ajoutée du web pour le commerce local, Catherine Barba a précisé que [...]

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